2004_10Le mirador :

On distingue deux sortes de miradors :

- le mirador de battue, peu élevé (1/1,50m), qui permet cependant le tir fichant, une vision plus confortable du site de tir et dont l'utilité n'est plus à démontrer.

- le mirador d'affût est plus spécifique de l'Est de la France ou des pays à tradition germanique. Il est généralement d'une hauteur comprise entre 4 et 10 mètres, entièrement fermé, d'un confort convenable pour pouvoir passer de longues heures seul ou accompagné. Une alternative existe : la chaise haute, construction plus légère qui a le mérite de pouvoir être déplacée facilement d'un site à un autre.
L'usage du mirador d'affût conduit à connaître le cheptel gibier en identifiant chaque animal observé. Il a le gros avantage de voir sans être vu (le grand gibier ne recherche pas ses prédateurs en hauteur) et d'être moins repérable par l'odorat des animaux, ce qui doit permettre de ne tirer qu'au bon moment si la décision de tir est prise. Correctement utilisé, le mirador n'occasionne qu'un faible dérangement (il fait partie du paysage et il n'est pas rare de voir un chevreuil au gagnage au pied même d'une telle construction), sans dommage pour la faune sauvage qui doit ignorer la présence du chasseur s'il n'a pas dérangé la place à son arrivée. C'est d'ailleurs pour cela qu'il faut s'installer longtemps avant l'action de chasse ou d'observation dans la construction en prenant bien soin d'éviter les bruits intempestifs. Les même précautions seront prises pour quitter le mirador.
Le tir au mirador n'est pas synonyme de tir lointain. Au delà de 100 mètres, même en plaine, le tir paraît bien aléatoire.

2004_14L'approche ou pirsch :
C'est la chasse prédatrice en solitaire par excellence. La moindre faute est sanctionnée par la fuite éperdue du gibier qu'il faut tromper par sa propre ruse afin d'être plus fort que lui. D'ailleurs, les chasseurs à l'arc connaissent bien ces contraintes implacables qui les amènent bien souvent à renoncer alors qu'ils seraient cependant déjà à bonne distance pour un tir de carabine. Une bonne chasse à l'approche s'effectue sur un sentier de pirsch (approche en allemand, c'est le terme consacré), à l'intérieur d'une lisière, et soigneusement entretenu par l'utilisateur. Pas de brindilles sur le trajet, les branchages élagués à hauteur d'homme en ménageant des caches tantôt à droite, tantôt à gauche. On peut même utiliser un parapluie dont la toile est de couleur camouflage pour se dissimuler. Des arrêts fréquents pour observer et jumeler si nécessaire, tout en procédant avec lenteur car on peut déjà être décelé... Bien sûr, on progresse à bon vent en se méfiant des petits zéphyrs tournants...
Si le tir sur un gibier est décidé, procéder calmement en ayant de préférence un appui (tronc d'arbre ou tripode), en détente directe (on ne le dira jamais assez, le stecher doit être uniquement utilisé au mirador).

Le matériel et le tir :
L'aptitude à un tir précis dépend du chasseur d'une part, d'autre part de son arme, se sa munition, de son optique et de sa vision.
A l'affût ou à l'approche, où le premier coup doit être le seul, les carabines à un coup trouvent toute leur place, carabines à verrou ou kipplauf. Pour l'approche, le poids de réglage d'une détente directe s'étalera entre 0,8 et 1,2 kg, évitant ainsi les risques de coup de doigt si le chasseur tient bien son arme. Pour l'affût, la carabine stutzen (fût long) pour le posé avec le stecher est plus recommandable.
La lunette de visée est l'élément incontournable de ces formes de chasse. La qualité de l'optique est fondamentale et c'est sur la carabine qu'il convient de faire éventuellement des économies. Si la même lunette doit être utilisée à l'affût, à l'approche et en battue, on choisira la plus lumineuse avec un grossissement variable avec réticule 1 ou 4.
Les calibres retenus pour le grand gibier à l'approche ou au mirador dépendent du gibier choisi, mais on recherchera une balle qui permettra le tir tendu ne nécessitant pas de correction de visée jusqu'à 150 mètres. Elle devra expanser mais conserver un noyau pour traverser l'animal de façon à permettre une éventuelle recherche au sang.

Le tir :
A l'affût ou à l'approche, on ne tire pas sur un animal, mais sur un point précis de son anatomie. En pratique, la zone à atteindre pour une mort rapide passe par l'axe de la patte avant et le milieu de la cage thoracique. Un tir au défaut de l'épaule peut conduire à un impact vers l'arrière.
Si on décide de tirer, on doit prendre son temps, même au risque de voir le gibier disparaître. Ne tirer que si l'animal se présente en entier, arrêté et de profil. On tire pour tuer, mais on doit tuer proprement et l'animal doit s'effondrer sur place. Un tir trop rapide peut aboutir à une blessure et à des souffrances inutiles. Après un tir apparemment réussi, il faut toujours attendre une dizaine de minutes avant d'aller au résultat. Il faut tirer prioritairement les animaux paraissant malades ou handicapés. Un animal "de récolte" pourra être tiré après avoir été mûrement choisi à la suite d'observations répétées.
La chasse à l'affût ou à l'approche est une chasse de réflexion où l'on identifie, suppute et tire éventuellement. Prendre la décision de ne pas tirer est aussi un acte de chasse en adéquation avec notre éthique.

Silviacus