Randonneur

La chasse mène à tout et pas seulement à tuer du gibier. La preuve : voici un article paru dans Midi-Libre, édition de Béziers, qui montre que chasseurs et randonneurs s'apprivoisent dans leur milieu commun. Le temps de la "galinette cendrée" n'est plus !

Les associations de chasse et de randonnée de l'Hérault apprennent à mieux se connaître. Depuis le mois de juin dernier, l'Association Départementale des Chasseurs de Grand Gibier de l'Hérault (ADCGG34) et la Fédération Départemental  des Randonneurs de l'Hérault œuvrent ensemble pour parler de leur passion, mais surtout pour partager des territoires qu'ils occupent régulièrement.
En juin, nous avons partagé le même terrain. Nous avons fait, ensemble, une randonnée de 12 kilomètres " explique Joël ROUX, président de l'ADCGG34. " Ce jour-là, nous avions mis en place des stands tous les kilomètres. Le but de ces derniers était de nous présenter, d'ouvrir le débat, d'enclencher des discussions pour partager autre chose que le terrain. C'est en nous connaissant que nous arriverons à bien partager notre territoire de loisirs."

Certains randonneurs y sont allés avec une certaine réticence.
Plus de 150 personnes, chasseurs et randonneurs, avaient pris part à cette randonnée pédestre au départ de CAMPLONG. Cette opération se renouvellera tous les deux ans, donc en 2015.
" Nous avons envie que ces rencontres deviennent un rendez-vous attendu par tous. Il faut éviter de le banaliser. Ce n'est pas rien de faire cohabiter des chasseurs et des randonneurs. Pour beaucoup d'entre eux, nous sommes des tueurs. Par chance, en communiquant, nous arrivons à changer cette image qui nous colle à la peau. Petit à petit, les gens comprennent que nous sommes des gestionnaires de la faune sauvage."
Certains randonneurs l'avouent, ils ont participé à cette rencontre avec une certaine réticence. Le monde de la chasse ne correspondant pas à leur pratique de la nature au quotidien.
" Mais c'est vrai que nous n'avions pas envisagé l'aspect gestion de la nature et notamment de la faune sauvage. La régulation faunistique, nous n'y avions jamais pensé " explique Jean-Michel, un des participants à une sortie "brame du cerf" qui a eu lieu à CAMPLONG le 11 octobre 2013. Il poursuit : " Pour nous, le chasseur était une personne qui tuait par plaisir un sanglier, un cerf, une biche. Ne nous intéressant pas à ce milieu, nous n'étions même pas au courant qu'il y avait des règles. Une déontologie, quoi qu'en disent certains. Je ne chasserai jamais, mais je ne suis pas contre l'idée de participer à une partie de chasse comme cela a été évoqué lors de notre rencontre d'il y a quelques jours. Ce sera sans doute passionnant de les voir à l'oeuvre et de vivre avec eux une journée du départ au poste jusqu'au retour et plus si du gibier a été capturé."

Cette idée du partage du territoire a fait son petit bonhomme de chemin et est très regardée. Tant et si bien qu'une chaîne de télévision est même venue à la rencontre des deux fédérations héraultaises afin de faire un reportage qui a été diffusé sur une chaîne publique.
" C'est novateur comme idée. Nous ne voulions pas convertir, mais expliquer. Il fallait montrer que nous ne sommes pas que des tueurs et que, bien entendu, le territoire de chasse est aussi un espace de randonnée sécurisé au maximum pour éviter les accidents. Nous envisageons même, avec la Fédération des Chasseurs de l'Hérault et celle de randonnée, de rénover une cabane sur le chemin de Compostelle à CAMPLONG, qui servira aux chasseurs et aux randonneurs " ajoute encore Joël ROUX.

La prochaine étape, en plus de celle qui a consisté à faire participer des non-voyants à une sortie "brame du cerf" sera de convier ces mêmes non-voyants à une partie de chasse postée. Les randonneurs y sont eux-aussi conviés. De quoi se rendre compte par le menu que chasseurs et randonneurs peuvent partager sans contraintes les mêmes espaces de loisirs. Un bon moyen pour que fédérations de chasse et de randonnée travaillent ensemble au partage des espaces naturels.

(source Midi-Libre - Jean-Pierre ARMAGER)